Le Grand Duc c'est fini, , il restait encore au moins 29 km et 1500 m D+ mais il me manquait l'envie. Comment trouver l'envie quant il n'y a pas de plaisir, j'ai cherché et cherché pendant 10 heures et l'aventure c'est arrêtée pour moi à Saint Pierre d'Entremont après environ 63 km et 3700 m de dénivelé positif je n'ai rien trouvé. J'ai rassemblé quelques souvenir et j'ai ébauché ce récit, pas facile quand le plaisir est absent.
Cette épreuve me laisse un goût amer bien loin de l'image que je m'en était faite. La météo y est pour beaucoup, et c'est elle qui a forcé l'organisation à mettre en place le parcours de repli. J'ai l'impression d'avoir passé une grande partie de ma journée dans un tunnel ou une machine à laver. Donc difficile de faire un beau récit. Les conditions ont été particulièrement dur. Dés le départ j'étais déjà à la lutte contre moi même. Ca faisait beaucoup. Courir et marché pourquoi faire ? Les paysages ce sont éclairées un peu trop tard ma décision était prise déjà depuis longtemps.
Pourtant très motivé et jamais aussi bien préparer pour tenter ce type d'aventure j'ai pris le départ avec un mental en caoutchouc ou pire encore en prenant en exemple l'image de nos vestes de pluie qui ce matin sont restées étanches l'espace de quelques minutes. Ce matin mon mental est comme ma veste, une passoire ! Eh oui dés le départ et même dés le trajet pour aller à Saint Pierre, je dois dire que je pensais déjà ceci : arriver au premier passage à Saint Pierre ce sera déjà bien...
La veille du départ, avec Philippe qui me récupéra la veille à Lyon, nous avons pris la décision de rester au chaud cette nuit, dormir à la maison et non dans le camion ou la tente à St Pierre d'Entremont. Bonne décision, la région est placée en alerte orange, les orages et la pluie abondante s'approchent, nous préférons dormir 3 ou 4 heures plus tôt que rien du tout.
Dimanche 29 juin le jour "J", réveil à 02:45, départ à 03:15, il tombe des cordes ! ils l'avaient promis, ils ne ce sont pas trompés. Nous attends une heure de route sur les départementales humides de l'Isère, rien que cela c'est déjà épique. Alors que l'on se dit qu'il faudra que l'on fasse attention aux sorties de boite de nuit nous nous retrouvons nez à nez avec une voiture arrivant face à nous. Philippe l'évite, ouf !100 m plus loin nous comprenons l'embardée, une bande d'individu brandissant des verres à la main gesticules et ont fait peur au malheureux automobiliste. Il fait nuit noire au milieu de nul part, la pluie est intense donc les conditions de visibilité très mauvaise. Enfin Bref, ça sent le traquenard, ou l'embuscade et puis 4 ou 5 mecs titubant bourrés, ont le sent pas. On se casse et poursuivons notre chemin. Ce n'est pas fini, il n'est pas encore 4 heures du mat' que nous évitons une dames promenant son chien sur le bord de la route, nous l'évitons et nous allucinons, il ne manque plus que l'arrivée des extraterrestes !?!?
La journée s'annonce spéciale, tout est vraiment fait pour nous mettre dans les meilleures conditions. Bon, nous voilà arrivée.
Nous épinglons nos dossards dans le Gymnase et croisons Vincent et puis nous sommes tous appelés à nous diriger sous l'arche du départ, sous la pluie biensur. Ah oui parlons du parcours :
Des 82 km annoncés encore il y a 3 semaines nous sommes passés à 85 km puis maintenant ce sera 90 km voir plus à juger les traces GPS avec un dénivelé identique. Aller savoir pourquoi les parcours de replis sont plus long ?
C'est parti pour les 250 courageux, certain rendait déjà leur dossard avant le départ, si si je les est vu.
Ca monte presque tout de suite, une belle montée dans la nuit et la pluie, je n'entend que ça, la pluie la pluie et encore la pluie. C'est dur, quelques coureurs sont sans baton et galèrent vraiment au plus fort des pourcentages, ils glissent, le terrain est déjà labouré par la petite centaine de gaillard devant moi. Une fois la 1ère grosse difficulté passé le Col de Fontagnieu, la descente s'annonce assez périeuse. Il n'y a pas vraiment de sentier. Nous descendons plus ou moins dans le creu d'un ruisseau la combe de Fontagnieu. La terre et la végétion du site rend le terrain extrèmement glissant. Alors que nous sommes actuellement en pleine coupe du monde de foot j'assiste à un véritable concours de tacle, impressionnant ?. D'ailleurs un peu plus loin je vais me casser la figure dans le lit de ce ruisseau et me tordre la cheville gauche, l'aventure aurait pu s'arrêter ici. C'est douloureux sur le coup, mais il faut continuer la journée ne fait que commencer. La douleur se fait oubliée pour le
moment. Nous traversons le Cirque de St Mème et passons devant la Cascade du Guiers je crois. Puis nous descendons à St Mème. Le passage à la Cascade m'a mis du baume au coeur je me dis que tout n'est pas si gris aujourd'hui. Après les souvenirs me fond défauts un peu comme cette sombre journée. Enfin si je me souviens du passage au ravitaillement d'Epernay, d'une montée sur la route en direction du Col du Cucheron où je croise une ribanbelle de motards, je me dis salle temps pour faire de la moto... Et puis je me souviens d'un tour d'environ 12 km pour rien. Enfin pas pour rien ce n'est pas une erreur de parcours mais pour rien dans le sens ou il n'y avait aucun intérêt. Je ne comprend pas pourquoi l'organisation nous a fais faire le tour du Mont Outheran, aucun intérêt si ce n'est nous faire des bornes sur des grandes pistes larges. Et puis plus loin je me souviens de la montée du Mont Joigny, il ne pleut presque plus mais le brouillard empêche le paysage de se révéler. J'accuse le coup et pourtant l'espace de quelques kilomètres je me dis qu'il est possible d'aller au bout. Et très vite les douleurs qui m'embètent depuis de nombreux km reviennent et à mon 2ème passage à Epernay je me met à trainer les pieds cherchant à perdre du temps pour peut-être me faire toper à la barrière horaire d'Entremont de 15:30, ce sera une bonne excuse que de ne pas continuer. Finalement j'y arrive à 15:25. La barrière à été ralonger à 17:00, je ne sais plus très bien. Malgré tout je décide d'arrêter ici. Pourtant je me sens encore des forces pour faire encore 10 ou 15 km pas plus. Au delà c'est au-dessus de mes forces, mais l'envie n'y est plus. J'attends Philippe.
mardi 1 juillet 2014
dimanche 22 juin 2014
Le Grand Duc de Chartreuse J - 7
Le Grand Duc de Chartreuse approche, dans 7 jours je serai avec environ 1000 autres coureurs sur les pentes du massif de la Chartreuse, la pression monte. 3 ans après ma tentative sur l'Anecime où j'avais abandonné à 14 km du but, j'ai eu envie de renouveler l'expérience sur un autre trail montagnard. Pas le plus facile, mais bon il faut bien se jeter à l'eau et à la fin de l'année 2013 je me sentais mur pour retenter l'aventure. J'ai choisi la Chartreuse parce qued'un point de vue logistique c'était pratique avec la présence de Philippe et l'accès rapide en train. Puis enfin, les 3 jours de Chartreuse situés 4 semaines avant constituaient une excellente préparation et m'obligeait à faire une sorte de WEC en montagne, chose que je n'aurai certainement pas réussi à organiser seul, donc 100 % Chartreuse. Alors prêt ? on verra le 29 juin tard dans la soirée...
Le parcours légèrement modifié ces derniers jours est maintenant porté à 85 km pour près de 5000 m de D+. J'espère que l'entraînement, l'expérience et la sagesse acquis durant ces 3 dernières années associées aux trails de préparation porterons leur fruit. Il faudra que je fasse attention, car l'ennemi numéro 1, c'est moi en l'occurrence, il faudra que je me montre raisonnable lors de la première moitié de course, ne pas courir à ma perte en allant trop vite, n'est ce pas. La compétition c'est contre moi même, c'est ce qu'il faut que je me martèle sans cesse, l'objectif finir ! Et après on pourra parler d'entamer un processus de progression. C'est vrai quoi je suis un débutant en Ultra Trail.
Vous pouvez découvrir le parcours sur Trace de Trail - GDC 2014 , le circuit forme une sorte de trèfle au tour d'Entremont en Chartreuse.
Tous ce qu'il faut savoir c'est là : Grand Duc de Chartreuse
Je vous laisse découvrir le profil de l'Ultra Trail.
Enfin pour suivre les coureurs ou si vous êtes interressé par le suivi de mon évolution sur cette longue journée vous pouvez vous rendre sur le site chrono.geofp, vous pouvez suivre le coureur de votre choix en tapant son dossard ou son nom. L'accès à un menu est aussi possible avec des options pour suivi via smartphone. Possilité de voir la carte du parcours et les temps de passages sur les 4 CP (point de contrôle) de vos coureurs favories. Ainsi vous pourrez estimer l'heure d'arrivée ou juger qu'un coureur est dans le dur. Mon dossard c'est le 92 et mon ami Philippe le 201.
Ci-dessous mes horaires prévisionnels de passage sur les PC : (estimation...)
Mon dossard : 92
Départ : 05:00
PC 1 : 08:50 (moy de la section 6,23 km/h - 23,9 km)
PC 2 : 11:15 (moy de la section 5,2 km/h - 12,6 km)
PC 3 : 14:00 (moy de la section 7,05 km/h - 19,4 km)
PC 4 : 16:40 (moy de la section 5,9 km/h - 15,8 km)
Arrivée : 19:30 (Tps = 14:30 moy T = 5,85 km/h - Dist / D+ = 84,8 km / 5000 m D+)
lundi 2 juin 2014
3 jours de Chartreuse 2014, 1 jours puis 2 jours ça va, 3 jours...
| La Scia, et la descente libératrice... |
Jour 1, ça commence le jeudi de l'ascension par un Kmv (kilomètre verticale) : je me classe 25 ème en 46'24" dans le sillage de la 1ère féminine, je suis fier parce que j'arrive à doubler des gringalets de 25 kilos de moins que moi sur la fin (je pèse 80 kg...). Les conditions météos jugées instables avec une visibilité réduite incitent les organisateurs à supprimer les 100 derniers mètres de dénivelé, il est vrai que cette dernière portion que je ferai en "Off" est technique et qu'il n'y a pas beaucoup de place pour se croiser sur se sentier escarpé.
| ça grimpe en direction du Charmant Som |
Jour 2, c'est les ateliers chronométrés : je me classe 10 ème, au programme il y avait un 500 m en prairie pas vraiment plat avec relance et un petit passage en bordure de torrent. (1'32")
2500 m de Trail avec 100 m de D+ et des passages techniques. (12'09")
Un 100 m verticale sur sentier 2'54" et enfin un 40 m verticale sur une prairie très très pentue en 1'15". Avec les liaisons et l'échauffement tour de reconnaissance le GPS indique 14,5 km et 600 m de D+. J'ai pris du plaisir à courir toutes les sections à blocs et les liaisons avec mon pote Philippe, un bon moyen de partager une sortie intense et en plus on se pique vraiment au jeu mais c'est très éprouvant. A mon avis l'année prochaine on aura droit à une descente de prairie à enchainer directement après la montée. J'en ai soufflé l'idée à Benoit Laval, à suivre...
Jour 3, c'est le plus dur le plus long, un Trail de 49,5 km et 3380 m de D+ le Maratour. Le parcours propose les ascensions du Charmant Som (1867 m), du Col de la Ruchère (1407 m), et enfin de la Scia (1791 m) sans parler des petits coups de culs non répertoriés. Le parcours décrit une sorte de trèfle au tour de St Pierre de Chartreuse, ça parait simple sur le papier...
| Le Charmant Som, je prends la pose. |
Alors cette étape commence bien, les sensations sont bonnes dans la 1ère montée et je pense être dans un bon jour. Puis en bas de la descente qui fut assez éprouvante avec de nombreuses parties techniques je me dis que le trail c'est des montées et aussi des descentes. Que les montées ne sont riens sans les descentes et que les descentes ne sont riens sans les montées... a que oueh ! Et bien qu'alèse dans les descentes je me sens un peu éprouvé après seulement 20 km. Je décide de ralentir un peu et de marcher d'avantage en montées poussé par mes bâtons. Arrivée au Col de la Ruchère soit à mi parcours je suis 17 ème alors que je viens de me faire doubler par 3 ou 4 coureurs. Arrive alors un mur au milieu de la forêt, où il y a peu de temps ce chemin a reçu la visite des bucherons et débardeurs, heureusement il ne pleut pas, Ouf c'est assez dur comme ça. Mais je suis tout de même dans le dur, une barre de céréale n'y fait rien, je prends un gèle cela va un petit peu mieux, mais c'est un peu tard. J'arrive péniblement au dernier ravitaillement juste avant la dernière ascension du jour de la Scia. Je prends le temps de m'alimenter, coca, tucs, banane, chocolat...peut-être trop. Oui c'est bien sauf que je fais toute la montée dans le gaz le plus complet, le bide en vrac, à l'agonie a tel point que sur un léger replat j'essaye de faire une sieste mais cela fait peur à ceux qui me double. J'ai l'impression d'être au lendemain d'une cuite mémorable, le genre de truc qui vous fais mal au cœur rien qu'à y penser. Tout la haut, je suis épuisé, j'aimerai dormir... Je repars et finis par me vider, je suis seul, c'est dur. Je reprends mes esprits et attaque la partie aérienne et délicate de la Scia avant de descendre la partie final du Kmv. Puis nous quittons cette trace pour un retour moins pentu que je vais faire en marchant, courir me fait mal aux trippes. C'est long et ça ce termine. J'ai réussi à garder le moral malgré ce gros coup de galère. Je vais avoir mis 3:45 pour parcourir les 10 derniers km et ces 800 m D+ pour montée à la Scia et les 900 m de D- pour redescendre à St Pierre de Chartreuse alors qu'il m'avait fallu 5:15 pour faire les 40 premiers km. J'ai connu là ma plus grande défaillance et j'ai finis, de toute manière je n'avais pas le choix.
| la piste noire, je suis rôtis... |
Mon classement anecdotique, 82 ème sur une centaine d'arrivant. L'organisation proposait aussi un classement cumulé des 3 jours mais je ne le trouve pas.
Un gros week-end puisque sur les 3 jours je totalise 78 km pour 5000 m de D+
J'espère que cela portera ces fruits pour le 29 juin, en attendant j'aimerai bien trouver les raisons d'une telles défaillances. La fatigue...oui un peu mais pas que ??
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